Publié le lundi 14 juillet 2008

Bonne fête amis français

14 07 2008

C’est aujourd’hui le 14 juillet, la fête de la France et des français. Je l’avoue, j’ai une relation trouble avec elle, j’aime beaucoup plus le pays que ses habitants. J’en ai rencontré de très sympathiques, mais presque autant d’imbuvables prétentieux. Comme l’a déjà dit je ne sais plus qui, la France sans les français ce serait le paradis.

Je poursuis ma série sur les fêtes nationales. Voici ce que j’aime et ce que je n’aime pas de la France.

J’aime la France parce que

-       c’est le pays de mes ancêtres. Nous parlons la même langue et nous sommes fiers de notre différence dans un monde dominé par l’anglais. Il ne faut pas se tromper, si les français utilisent beaucoup de mots anglais dans le langage de tous les jours c’est parce qu’ils ne craignent pas pour la survie de leur langue comme nous et qu’ils veulent faire la démonstration de leur supériorité aux anglais en parlant les deux langues en même temps!

-        on nous accueille comme des membres de la famille partout sauf à Paris parfois. On s’en fout, Paris n’aimes que Paris, le nombril de monde.

-        Paris est une des plus belles villes du globe à cause de son architecture, ses grands boulevards, ses carrefours, ses parcs et l’art et le design qui sont omniprésents. On peut y passer des mois sans en avoir fait le tour. Hors de Paris, il y a des centaines de petites villes et villages jolis et charmants. Contrairement à ce que l’on voit souvent ici, le paysage n’est pas défiguré par des arénas ou des restaurants en déclin d’aluminium brun et jaune orange.

-        sa culture et son histoire sont extraordinaires. Il y a dans chaque ville et village, et au carrefour de chaque route des morceaux d’histoire fabuleux.

-        on y mange bien partout et à prix raisonnable. Le vin est abondant et pas cher. Mmmmmm.

-         les français adorent débattre. Le combat des idées est le deuxième sport national après le foot.

-         c’est une vraie société laïque qui n’a pas peur de défendre ses convictions républicaines en refusant le port du voile dans les écoles par exemple malgré la peur des bombes islamiques. Le fait qu’il n’y en ait pas eues démontre qu’une société qui respecte ses convictions attire le respect de ses habitants de toutes origines. Une belle leçon à retenir.

-         les français sont fiers de leur pays et de ce qu’ils sont. Ils affichent une très grande confiance en eux qui devrait nous inspirer. 

Je n’aime pas la France parce que

-         les français sont prétentieux, arrogants et chiants. Ils sont aussi cyniques et désabusés. La grandeur de leur histoire qui n’est pas que glorieuse soit dit en passant, leur sert de prétexte pour croire qu’ils sont un des plus grands peuples que la terre ait porté. Ce n’est pas tout à fait faux, mais pas aussi vrai qu’ils le croient non plus.

-        elle porte un corset de conventions qui étouffe toute spontanéité dans les rapports humains. Les structures hiérarchiques sont immuables et  lourdes. La lutte des classes y est permanente et impitoyable. C’est une société dure où on ne se fait pas de cadeaux. À côté des français, nous sommes des naïfs au grand cœur. Ça explique un peu nos rapports difficiles avec certains immigrants français dont plusieurs ont fui la France pour sortir d’un pays malade d’immobilisme.

-        elle se fout un peu de notre gueule. Elle nous a laissé tomber il y a 250 ans et depuis elle nous a d’abord perçu comme des paysans incultes et bigots, puis, depuis la révolution tranquille, comme des régionaux exotiques et sympathiques. Elle croit que nous sommes des français d’Amérique alors que nous sommes des nord-américains parlant français. Cette vision n’est pas près de changer, car leur désir de nous connaître vraiment est plutôt limité. Nous faisons partie de la famille, mais pas comme des frères. Nous sommes des cousins comme ils disent. C’est pratique, car ça leur permet de nous inviter à leurs partys quand ça leur plait et de nous garder à distance quand ça leur convient.

 

La France est la mère patrie de tous francophones d’ici. Depuis l’arrivée de Jacques Cartier en 1534, il y a moins de 500 ans qui nous sépare de nos origines françaises. C’est très peu à l’échelle de l’histoire. J’ai l’impression que notre attachement à la France a diminué depuis que le Québec a pris de l’assurance et que le système d’éducation a éliminé beaucoup des références françaises qui dominaient jusqu’aux années 60. J’espère quand même que nos descendants conserveront toujours un attachement spécial pour notre pays d’origine.